22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 07:06

 

Sous la douce étreinte de mars le pêcher grêle

Fleurirait, n'était qu'il voit encor les montagnes

Trop enneigées et qu'il redoute d'affronter

La menace soudaine et violente du vent.

 

Ce qu'il redoute aussi c'est par sa floraison

De déplaire au peuplier, roi des horizons,

Et au vieux figuier, prêt à lui ouvrir ses bras

Afin d'en surveiller les foucades trop vives.

 

Mais, dans la tiédeur d'une nuit,

Voici qu'une langueur, un frisson, un désir

Fou, et puis comme un soupir... C'est l'aurore :

 

Le voici qu'il se voit, rutilant de rosée,

Nimbé dans une nuée rouge de corolles,

Il hésite et embaume aux brises matinales.

 

 

 

 

Francesco Pastovichi

Poètes d'Italie

Anthologie de Sicca Venier

Gallimard, 1979

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