14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 07:15

 

(extrait)

 

 

                1

 

Ce n'est qu'au seuil

de la vieillesse que j'ai appris

à aimer le silence

Parfois il émeut plus que la musique.

Il apparaît dans le silence des signes tremblés

Et aux carrefours de la mémoire

résonnent des noms

que le temps tâchait d'étouffer.

 

Le soir dans le feuillage des arbres je perçois

jusqu'à la pulsation du cœur des oiseaux.

Et un jour au cimetière

du fond d'une tombe j'ai entendu

craquer un cercueil.

 

 

                 2

 

Sur une pierre oubliée du jardin,

taillée en forme de coquillage,

les enfants jouaient jusqu'au soir.

C'est un souvenir de jeunesse.

Il m'est aussi arrivé de les y voir.

 

C'était selon toute apparence la dernière pierre

du vieux jardin

Il ne restait rien sinon.

Rien qu'une fontaine et un arbre.

Rien qu'une fontaine profanée

et un arbre sans sève,

au tronc percé par

une balle de révolver.

 

 

 

Jaroslav Seifert

La Colonne de peste

Trois poèmes traduits du tchèque par Erika Abrams

1977

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