29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 07:48

  

À l'austère fenêtre

de l'Armée du Salut

un figuier tend vers moi ses branches,

mains qui cherchent ma main.

 

Je sais la profondeur de ses racines.

Je sais le frisson de sa verte ramure.

Je sais la faveur de son fruit,

la sève piquante et laiteuse qu'il secrète,

la charge dont il est capable,

l'air en feu qui le dessèche.

 

Et lui aussi me connaît, de la tête aux pieds.

Jour et nuit, ses branches me réclament.

 

Je ne saurais m'en plaindre,

moi qui suis en mal d'ami.

Je n'ai d'autre que lui à qui prendre et donner.

Plus qu'un figuier, c'est une créature.

 

 

 

 

Vangjel Leka

Anthologie de la poésie albanaise

par Alexandre Zoto

Éditions Comp'Act, 1998

SG