12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 06:30

 

Je te croise au hasard de ma route,

et conçois ta terrible solitude.

Tu vieillis, été comme hiver,

ignorant le bonheur de la vie en forêt.

 

La joie de braver les colères du vent,

de te briser plutôt que de plier sous lui.

La joie des racines agrippées au rocher

pour prévenir la chute au fond du ravin.

 

Exotisme stérile. Tu as peur de la terre

et recherches les cieux. Tu as peur de l'automne

et n'émets nulle feuille. Tu as peur de toi-même

et somnoles en silence. Tu as peur de la vie.

Si du moins la caresse d'une queue d'écureuil

ou le toucher d'une aile d'abeille mouraient avec toi,

le jour où brûlerait ton corps desséché,

pour donner le regret de choses laissées en ta garde secrète.

 

 

 

 

Ilirian Zhupa

Anthologie de la poésie albanaise

par Alexandre Zotos

Éditions Comp'Act, 1998

SG