25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 06:08

 

Sous la branche qui pliait, impatiente de toucher

La plage, nous avons disposé un étai,

Un cairn formé de quatre pierres,

Mais nous avons pris nos gémissements

Pour ceux du cerisier, car c'était comme si,

Couturé de crevasses, impatient de mourir,

Il s'obstinait exprès à gîter comme un mât,

Têtu comme une bôme cassée, récalcitrante,

Qui ne se laisse ni amputer ni amarrer.

Une fois, deux fois...? Non, il n'était pas preneur

De la vie, ni de la patiente guérison

Sur laquelle nous avions laissé ses branches mortes

S'interroger jusqu'à ce que le pouls renaisse

Qui fait monter vers le soleil la sève neuve ;

On sentait une passion haineuse dans cet arbre

Dont l'unique désir était d'être emporté,

Bois flotté, vers la haute mer.

 

 

 

Malcolm Lowry

Pour l'amour de mourir

Traduit de l'anglais par J.M Luccioni

La Différence, 1984

 

 

 

                       

   

 

 

The wild cherry

 

 

We put a prop beneath the sagging bough  

That yearned over the beach, setting four stones

Cairn-like against it, but we thought our groans

Were the wild cherry’s, for it was as though

Utterly set with broken seams on doom

It listed wilfully down like a mast,

Stubborn as some smashed recalcitrant boom

That will neither be cut loose nor made fast.

Going-going- it was yet no bidder

For life, whether for such sober healing

We left its dead branches to consider

Until its sunward pulse renewed, feeling

The passionate hatred of that tree

Whose longing was to wash away to sea. 

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