4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 12:45

 

Tous les vents

des plus terribles aux plus doux,

de la tempête au zéphir

lui racontent leurs histoires

et toutes ses feuilles

toutes, jusqu'à celle qui tremble à la cime,

la dernière

frissonnent et répètent,

s'agitent et racontent en chœur.

 

Puis le bouleau se redresse :

il a tout oublié.

Mais d'autres vents viennent,

d'autres vents passent

et les jours, et les semaines, et les saisons.

Le bouleau, lui, ne retient pas grand-chose

des soupirs du printemps,

des lamentos de l'automne.

Étrange bouleau.

On lui raconte tout

et il ne sait presque rien.

 

Un jour, ses feuilles s'envolent.

Elles vont confier à la terre

mille et mille petits secrets bien mal compris,

et qui pourrissent ensemble,

au pied du bouleau,

du bouleau qui monte vers le ciel,

où vit l'éternel oubli,

l'oubli fatal qui se nuance et se colore,

et recommence et s'ennuie encore,

et se confie finalement aux nuages,

qui font toujours le même voyage.

 

 

 

 

Constant Burniaux

Poésie

1922-1963

Le Cherche-Midi

SG