8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 09:42

 

Dans la forêt des erreurs

les chênes parlaient en langue chevreuil

Les vanneaux sifflaient comme des merles

et avec sa faux du dernier croissant

le vent fauchait les prés à ras

 

Dans la forêt des erreurs

le renard était amical

et le sanglier débonnaire

Les bêtes avaient toujours raison

Tous les bûcherons avaient tort

 

Dans la forêt des erreurs

le promeneur ne sait plus s'il est

une personne parmi les arbres

ou un simple roseau passant

Dans la forêt des erreurs

tout le monde a toujours raison

parce que chacun a toujours tort

 

 

 

 

Claude Roy

Les pas du silence

suivi de Poèmes en amont

Gallimard

SG