24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 06:02

 

Le grand têtu est mort cette année

sans baisser les bras.

Aussitôt,

ses feuilles tendres sur d'autres

rameaux

ont posé leurs gestes

nouveaux

comme des drapeaux

victorieux.

 

Son histoire entre nos dents a germé,

des oisillons même de nos fronts

se sont élevés.

 

Et l'ombre du grand arbre,

fraîche comme une joue de marbre,

s'est ramassée sous une pierre de marelle

à la manière des bateaux

qui se recroquevillent

sous le ventre vif des anguilles.

 

 

 

Alain Serres

N'écoute pas celui qui répète

Cheyne éditeur, 1990

SG