3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 07:16

 

Fabuleux palais d'automne

Ouvert à tous les curieux,

Percées des voies forestières

Que fascinent les lacs bleus.

 

Salon de peinture où s'ornent

De dorures inouïes

Le tremble, le frêne et l'orme

Tout au long des galeries.

 

Le tilleul sous son bandeau

D'or, pareil à l'épousée

Et la face du bouleau

Sous son voile d'hyménée.

 

Terre au creux des caniveaux

Enterrée sous le feuillage,

Ailes de maisons, tableaux

Qu'encadre l'or des érables.

 

Où les arbres vont par deux

Dans l'aurore de septembre.

Le couchant sur leur écorce

Va laisser des traces d'ambre.

 

Où, qu'on descende au ravin,

Il n'est rien qui ne le sache

Au bruit que le moindre pas

Fait parmi les feuilles sèches.

 

Au bout de l'allée, l'écho

Résonne auprès de la faille

Où, cerises au sirop,

Le couchant se fige et caille.

 

Automne. Antique recoin :

Armes, vieux bouquins, toilettes,

Catalogue de trésors

Que les premiers froids feuillettent.

 

 

                                                   1956

 

 

 

Boris Pasternak

Ma sœur la vie et autres poèmes

Traduction sous la direction d'Hélène Henry

Gallimard,1988

SG