8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 16:27

 

Au vallon

gangrené d'éboulis

et de carlingues

 

seul

l'arbre rouge

 

par consentement d'écorce

il offre au fracas disparu

des embrassades de boa

 

et le silence aussi

fait des nœuds dans le ciel

 

et ailleurs les bois morts

ont la gueule moussue

et l'insecte facile

 

 

 

Dans le jardin

des villes vaincues

 

seul

l'arbre rouge

 

à l'avant des feux argent

et des odeurs de graisse

sa haute branche a fléchi

tout l'automne

et puis

on a tranché la corde des pendus

 

au loin

l'horizon est une feuille qui tremble

par les souffles brûlants

et par l'espoir encore

 

 

 

Dans le désert gris

des hommes en allés

 

seul

l'arbre rouge

 

et c'est depuis la lande

un coup porté

dans le foie des nuages

 

les frondaisons incarnates :

un cri à l'aplomb des instances

 

leurs ongles sales

 

et plus rien ne vole

ni ne bruît

 

 

 

À l'interligne

des langues incendiées

 

seul l'arbre rouge

 

c'est un rameau qu'enserrent

les deux pages du livre

et l'herbier de nos bouches

croqueuses de sève

s'accordant à confondre

dans un baiser

leur poème inondé

 

 

 

 

Antoine Choplin

Bacchanales n°47 - novembre 2011

Revue de la Maison de la poésie Rhône-Alpes

SG