22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 16:42

 

Vivant ici ou traversant

ce séjour, êtres d'un moment, il émeut

ce voyage de tous vers un arbre sans fin.

Instruments, travaux d'un jour sous le soleil : la mort nous donnera la

        joie de pouvoir comprendre. Guerre parmi les feuilles,

expéditions, réunions de bavardage jaune,

feuilles sur le sol, ombres. Avec un sinistre fracas,

elle dicte ses

        sentences, la saison qui consume.

 

La terre est guerroyante mais fonde l'injustice ;

cuisines et marchés renient tout au désir

et la sœur qui est morte est enviable seule.

Elle gagna butin prématuré, ses armes sont splendides

où le froid n'est

        rien d'autre que lune.

 

Dans la maison du forgeron il y a cuillère de bois.

Contradiction et mort sont coutumes domestiques.

Mais les êtres s'en vont pleins d'énergie vers l'arbre

entre fêtes et bals, au milieu des excursions qui

feignent

        quelque heureuse rencontre

pour celui qui est né et en place de l'arbre c'est le sel

des bap-

        têmes qui chante les désolations.

 

Des êtres de combat descendent à la fraîche noirceur

du temps qui passe, les eaux rapidement se troublent

et la frondaison rit avec les morts épiques qui, à la cime de

        l'arbre, enseignent leur morale au marchand

        et au juste.

 

 

 

Rafael Soto Verges

Revue Poésie 1 n° 52

Le Cherche-Midi

SG