24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 08:37

 

Ils sont trois bouleaux mêlant leur feuillage
Dans un tendre élan de fraternité.
Leurs trois corps unis, défiant l'orage,
Semblent s'épauler pour l'éternité.

Ils sont trois bouleaux s'aimant tels des frères,
Et trois fronts penchés sur le clair ruisseau.
Parmi les splendeurs des trois conifères,
Tous trois ont les traits de frères jumeaux.

Revêtus de blanc, coiffés de verdure,
Ils sont trois bouleaux se mirant dans l'eau.
Vit-on moinillons de sainte figure
Mieux se recueillir que ces trois bouleaux ?

On les dirait nés dans une prière,
Tant leur cœur est plein de rêve et de paix.
Ils sont trois bouleaux, battant des paupières,
Quand le soleil rit à fond sur leurs traits.

Ils ne s'enflent point de tant de lumière.
Leur être est pétri de simplicité.
Ils ont l'air serein des saints de verrières.
Rien ne vient troubler leur félicité.

Ils sont trois bouleaux regardant le monde
de leur âme égale et soumise à Dieu.
Et les saisons fuient, comme coule l'onde :
Ils sont trois bouleaux qui fixent les cieux.

La guerre a meurtri tant de chairs humaines :
Ils sont trois bouleaux qui s'aiment toujours.
Comment sauraient-ils l'envie ou la haine ?
Ils sont trois bouleaux aux sèves d'amour.

 

 

 

 

Roger Brien

Cythère

L'Eclair

SG