18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 07:11

 

De ce lierre, qui en cheminant se noue

et dans son vert labyrinthe enserre

la stature du peuplier qu'il attaque

et dont par ses caresses il cause la ruine,

 

la vue, au charme du feuillage attentive,

ne peut distinguer s'il embrasse ou enchaîne :

seul le tronc comprend s'il est une grâce

ou bien une prison qui le cache et le courbe.

 

Puisse, Lisi, celui qui me verra embelli

par la haute admiration de ta beauté,

et par d'aussi nobles peines entouré,

 

interroger ma passion et ma fortune

pour reconnaître la prison de ma raison

dans ce qui lui semble proclamer ma folie.

 

 

 

 

Francisco de Quevedo

Sonnets

Traduction de Bernard Pons

José Corti, 2003

 

 

 

 

                    

 

 

 

Compara a la yedra su amor 

 

 

Esta yedra anudada que camina

y en verde labirinto comprehende

la estatura del álamo que ofende,

pues cuanto le acaricia, le arrüina,

 

si es abrazo o prisión, no determina

la vista, que al frondoso halago atiende:

el tronco sólo, si es favor, entiende,

o cárcel que le esconde y que le inclina.

 

¡Ay, Lisi!, quien me viere enriquecido

con alta adoración de tu hermosura,

y de tan nobles penas asistido,

 

pregunte a mi pasión y a mi ventura,

y sabrá que es prisión de mi sentido

lo que juzga blasón de mi locura. 

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