23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 09:50

  

Grand arbre !

Que cernent une nuée de hérons, haut,

des brouillards muets.

Le jour, fleur, ouverte,

couleur d'eau, fait de vent.

 

Serrés

sous la ramure

nous dormions, je me suis éveillé,

tu as cueilli dans les branches

les ténèbres, j'ai vu tes mains

voler, nuages aiguisés de lumière,

vu qu'elles retombaient.

 

Le chant précipité

du temps, sur le cri du canard sauvage

et la fumée des toits.

Nous sommes venus au village.

Avons entendu la vieille qui parlait,

tout bas, contre le treillis de la haie.

 

"Qui ne sait pas dormir

tombe dans l'obscur.

Qui ne demande pas reçoit.

Vers la source, non, va

avec les rivières en crue."

 

 

 

 

Johannes Bobrowski

Dans les halliers du vent

Traduit de l'allemand par Jean-Claude Schneider

Atelier la Feugraie, 2000

 

 

 

                   

 

 

 

Groβer baum

 

 

 

Groβer Baum !

Reiher umschweben ihn, hoch,

lautlose Nebel.

Tag, geöffnete Blume,

wasserfarben, aus Wind.

 

Dicht

unterm Gezweig

schliefen wir, ich erwachte,

Finsternis pflücktest du

vom Geäst, ich sah deine Hände

fliegen, Gewölk, scharf vom Licht,

sah : sie sanken herab

 

Eilige Zeit,

zu der Wildente Ruf gesungen

und zum Rauch an den Dächern.

Wir kamen ins Dorf.

Hörten die Greisin reden,

leise, am Flechtzaun.

 

"Der fällt ins Dunkel,

der nicht zu schlafen weiβ.

Der erhält, der nicht fragt.

Nicht an die Quelle,

mit den steigenden Flüssen geh".

 

 

 

Johannes Bobrowski

Im windgestraüch

Deutsche Verlags-Anstalt GmbH

SG