4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 07:08

 

Feuilles mortes jonchant le long sentier qui mène

Jusqu'à mon triste abri, feuilles d'or et de cuivre,

C'est bien votre destin qu'un jour je devrai suivre.

 

Frémissant avec moi vous caressiez la brise

Qui berçait le feuillage en un étrange rêve.

Chaque frais gazouillis réveillait votre sève.

 

Et la pâle clarté des nuits évanescentes

Vous couvrait d'un mystère à nul autre pareil,

Ô paupières écloses aux rayons du soleil.

 

M'attardant à votre ombre, j'oubliais mes blessures.

Vos murmures confus attisaient mon espoir :

Tout chantait dans mon âme, invisible encensoir.

 

Maintenant que vous êtes, mes sœurs, foulées aux pieds,

Que sur votre tapis royal chacun chemine,

Attendez le manteau d'immaculée hermine !

 

Pareil à vous, le cœur meurtri mais silencieux,

Je laisserai l'automne éparpiller mes stances

Envolées avec vous dans les mêmes cadences...

 

 

 

Sandu Tzigura-Samurcas

Invocations

Éditions Saint-Germain des Prés, 1972

SG