16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 06:02

 

Ô pommier noir

Serré aux nœuds d'un esclavage

Presque passion quand tu tirais gavés ou lèges

Tous les nuages vers mes yeux

Comment l'aurais-je pu savoir

Que tu serais ce léopard musclé de feu

Et qui fond comme neige

Dans l'âtre ancré au creux du soir ?

 

Sur le fumier incandescent qui sent la moelle

De tes longs os enfin paisibles

Chante le sang issu des eaux quasi régales

Où tout pommier a pris son rible avec le vent

Puis perdu pied

Fauve de dos léchant ses poils heureuse cible

Pour les étoiles à charniers.

 

 

 

Gérard Murail

Poésie 1, n°21

Janv. 1972

SG