28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 06:13

 

dans le vert jaune du soir

entre lumière et feuilles

ce battement de l'air

sans bruit

 

seul c'est comme ici

éponger le calme

 

l'angle d'ombre bouge lent

sur la haie de fusains hauts

 

on se dit qu'on est bien

là loin

 

 

***

 

les acacias grêles à cette époque le pin massif sombre à droite avec un écureuil la barre haute des fusains la masse des chênes-verts — espace minime espace vif comme oxygéné par cette fin de soleil et un reste de vent

 

on délaisse tout comme si les feuilles sans bruit pouvaient absorber comme si on était absorbé comme si on s'absorbait dans ces feuilles comme si seul dans le sans bruit ou presque des feuilles et peu de vent on pouvait disparaître un temps parmi les verts et comme s'évaporer

 

 

***

 

quelque chose comme

ça

 

un rapport entre seul silence et arbres

aucune extase juste

au hasard d'un moment un écart

simple libre dans les mots et le corps

voilà

 

 

***

 

fatigue mémoire douleur infos

 

voir tout fondre dans cette lumière rase mais sans aucune élévation jaune rien qu'un clapotis de feuilles rien qu'être seul dans la vibration verte

elle n'indique rien d'autre qu'elle

 

une pure agitation de feuilles

le remuement d'un reste de vent

le soir

 

pas de plus loin pour l'heure

 

 

*** 

 

une réduction brusque de peine une perte de poids dedans et dehors une sorte de libération fausse mais à saisir de suite cela ne va pas durer plus longtemps que l'angle jaune déjà au bout de la haie

 

quelque chose comme une aération

une ventilation lente

d'être

 

 

***

 

retenir

le peu d'un temps d'un soir seul ici

parmi les arbres

 

impossible de reposer long

dans la paix jaune

comme celle égale d'un vieux volet

d'un vieux visage

 

ou comme l'enfant joue dans le sable

et puis dort dans sa poussette

 

 

***

 

en bout de haie

il n'y a plus de jaune

 

ce n'est plus le moment

vite c'est

vivre

 

 

 

Antoine Emaz

Sauf

Tarabuste, 2011  

commentaires