23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 15:18

 

J'aurais aimé marcher

(comme toi) dans une

haute forêt

 

auprès d'un homme

vieux, mon père,

en veste de velours,

 

pipe, peut-être un

chien. J'aurais aimé

marcher et ne rien

 

dire que des mots

d'arbres, d'oiseaux,

parfois d'hommes, presque

 

rien : points de suspension

d'une longue phrase

de feuilles,

 

sentir en moi alors

comme un arbre qui

croît, belle élancée

 

de mains dans l'air

et de racines. J'aurais

aimé marcher dans cette

 

forêt et parfois

délier un cerf

d'un piège vil

 

et le voir s'éloigner

dans la blancheur

très longuement.

 

 

 

Jean Joubert

Anthologie personnelle

Actes Sud

SG