6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 16:04

 

Atome égaré, arbrisseau

Tu grandis, j’ai droit de parcours.
A l’enseigne du pré qui boit,
Peu instruits nous goûtions, enfants,
De pures clartés matinales.
L’amour qui prophétisa
Convie le feu à tout reprendre.

O fruit envolé de l’érable
Ton futur est un autrefois.
Tes ailes sont flammes défuntes,
Leur morfil amère rosée.
Vient la pluie de résurrection !
Nous vivons, nous, de ce loisir,
Lune et soleil, frein ou fouet,
Dans un ordre halluciné.

 

 

 

René Char

Le Nu perdu

Gallimard, 1971

SG