9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 06:12

 

On était en septembre,

le quatre septembre je crois

le soir où sa lumière s'est éteinte

dans la grande chambre

sur le lac. La lune

enflammait les genévriers

entourant la grande maison.

 

Septembre et le sorbier

figé par le froid,

son tronc grêle agonisant

comme si les doigts

de l'homme qui se mourait

avaient pincé un nerf vital.

 

Pensez-y. L'homme avait tant fait

et maintenant, les arbres

eux-mêmes allaient se courber

et se flétrir sous sa caresse glacée.

 

Son petit bateau, solidement amarré

au quai, lançait sur le lac

le chant funèbre de ses violons.

 

Trop tard, il s'aperçut que, pour le fort

comme pour le faible, ce sont

les mauvais instruments qui accompagnent votre

     départ

et l'arrivée de l'automne.

 

 

 

 

James Welch

Il y a des légendes silencieuses

Traduit de l'américain par Michel Lederer

Albin Michel, 2002

 

 

 

 

 

                    

 

 

 

Song for the season 

 

 

It was September,

September fourth I think

the night his light went out

in the great bedroom

on the lake. Moontime

seared the junipers

rimming the great house.

 

September and the mountain ash

was stopped quite cold,

its spindly bole going dead

as though the fingers

of the quite dead man

had pinched a vital nerve.

 

Think of it. The man had done

so much and now, even

the trees would fold

and wither at his icy touch.

 

His small boat, tied securely

to the dock, fiddled out

across the lake its dirge.

 

Too late, he found, that for the great

as well as for the weak,

the wrong instruments ease you out

and the coming on of autumn. 

SG