10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 16:05

 

Et un arbre m'étreignit entre ses bras purs

Je te suis, lui dis-je, fou et résolu, combattant des hauteurs

Et je pénétrai dans le très clair sentier de sa musique

Brillant comme le gros poisson du plaisir.

                            Oh ! illumination !

La blanche naissance d'îles subtiles

      En une mer chantée

La fraîcheur d'ailes surgies au-delà des nerfs

Et l'éclatement de langages nouveaux devant mon corps

      Le tout fut de s'élever

Comme un bois sans mystère

Ou le lucide grillon bec du fleuve

      Flâneur de l'aire humaine.

Même la nuit, si belle dans son abstraction

Se dressait au-dessus des sables quotidiens

Tendrement nue pour être aimée.

      Et je l'aimai

Sous une pluie d'étoiles et de corps fugitifs.

Mais plus tard, furtivement, l'arbre s'en est allé.

 

 

Cesáreo Martínez

revue "Gárgola", n°5

  

 

 

  

 

Celebraciòn III

 

 

Y un árbol me estrechó entre sus brazos puros

Te sigo, dije, resoluto loco luchador de alturas

Y penetré en la senda clarísima de su música

Brillante con el pez gordo del deseo

                             Oh iluminacion !

El blanco nacimiento de islas súbitas

      En un mar cantado

El fragor de alas surgidas más allá del nervio

Y el estallido de lenguajes nuevos ante mi cuerpo

                          Y todo fue elevarse

Como un bosque sin misterios

O el lúcido grillo pico de río

      Merodeador del oído humano

Aún la noche, tan bella en su abstracción

Se alzaba desde las arenas cotidianas

Tiernamente desnuda para ser amada.

                                    Y la amé

Bajo una lluvia de estrellas y cuerpos fugitivos.

Mas luego, sigiloso, el árbol partió.

 

  

Cesáreo Martínez

de "Gárgola", n°5

SG