20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 06:38

 

Le village entier l'enserre, ne peut l'enserrer.

Arbre de vie. Temple des morts. Baobab.

Le village entier l'enserre, ne peut l'enserrer.

Arbre démesuré. Branches courtes. Paisible prière pour la pluie.

 

Mais il n'est de pluie.

 

Seule une femme en bleu, noire une femme en bleu,

par-devant l'arbre

sait toutes magies de pluie,

mais à quiconconque ne les dit.

 

S'enfonce le soleil par les entrailles de la terre,

de soleil est la terre, de terre est le soleil,

et tout s'embrasera de soif.

Seul et colossal le baobab défie l'embrasement

paisible en la prière pour la pluie.

Mais il n'est de pluie.

 

D'un coup croulera-t-il, tant butte la sécheresse en son ultime artère.

Mais d'un coup se redresse,

S'ébranle de toutes ses racines,

Et le déchaînement contre la nature

Toutes magies de la femme en bleu.

Lors se met à s'enfler de ses sucs

et tandis que s'illuminent ses prunelles,

se peuple de feuilles, se peuple de feuilles.

Pleurs verts, prière pour la pluie.

Mais en nul lieu il n'est de pluie.

 

Le village entier l'enserre, ne peut l'enserrer.

Arbre de vie. Temple des morts. Terre des ancêtres.

 

 

 

 

Aco Sopov

Poésie 1 n°104-105, nov-déc. 1982

Poème extrait du recueil  En chasse de ma voix

Adaptation du macédonien par Djurdja Sinko-Depierris

et Jean-Louis Depierris

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