8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 07:17

 

Les lavis bleus de l'aube se diluent doucement.

Posé sur son buvard de brume

Chaque arbre est un dessin d'herbier —

Mémoire accroissant cercle à cercle

Une série d'alliances.

 

Purs de clabaudage et d'avortements,

Plus vrais que des femmes,

Ils sont de semaison si simple !

Frôlant les souffles déliés

Mais plongeant profond dans l'histoire —

 

Et longés d'ailes, ouverts à l'au-delà

En cela pareils à Léda.

Ô mère des feuillages, mère de la douceur

Qui sont ces vierges de pitié ?

Des ombres de ramiers usant leur berceuse inutile.

 

 

 

 

Sylvia Plath

Arbres d'hiver  

précédé de La Taversée

Traductions de Sylvie Doizelet et Valérie Rouzeau

Gallimard, 1999

 

 

 

                               

 

 

 

Winter trees

 

 

The wet dawn inks are doing their blue dissolve.

On their blotter of fog the trees

Seem a botanical drawing

Memories growing, ring on ring,

A series of weddings.

 

Knowing neither abortions nor bitchery,

Truer than women,

They seed so effortlessly!

Tasting the winds, that are footless,

Waist-deep in history

 

Full of wings, otherworldliness.

In this, they are Ledas

O mother of leaves and sweetness

Who are these pietàs?

The shadows of ringdoves chanting, but chasing nothing.

SG