3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 06:05

 

Mesure tout l'envoûtement

des feuilles si vertes.

Quand éclate le coucher

je grimpe sur le branchage.

Cette quiétude, la vois-tu ?

Pourpre dans l'après-midi

s'effilochent des voix

anonymes et étranges.

Tu dis ne pas connaître mon nom

et cela t'inquiète.

Très bien, tous deux, ensemble,

nous fuirons à la tombée de la nuit.

Tu as la peau couleur

d'oubli et de tendresse.

Juste la couleur qui sied

à la tristesse des feuilles.

 

 

 

Miquel Martí i Pol

Joie de la parole

Traduit du catalan par Patrick Gifreu

La Différence, 1993

 

 

 

 

Mesura tot l’embruix
de les fulles tan verdes.
M’enfilo pel brancam
i ara esclata la posta.
La veus, la quietud ?
Porpra endins de la tarda
s’esfilagarsen veus
anónimes i estranyes.
Dius que no em saps el nom
i aixó et desassossega.
Doncs bé, tot dos plegats
fugirem quan fosquegi.
Tens la pell de color
d’oblit i de tendresa.
Just el color que escau
al neguit de les fulles.

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