2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 08:54
  

Un bras brandit loin du sol

la palme de sa main ouverte

mille doigts montrent le ciel

tout tâchés de peinture verte

 

les muscles gonflent les charnières

du liège et la croûte se fend

se glissant hors de l'armure

un doigt parfois parfois se tend

 

le corps gisant entre les pierres

en un réseau de tentacules

se concentre dans ces nerfs

qui s'effilochent graciles

 

à ton ombre, arbre, se brise

le bois sec que tu rejetas

et pourrit doucement l'humus

fait des feuilles que tu fanas

 

arbre, ce bras

 

 

 

Raymond Queneau

Battre la campagne

Gallimard, 1968

SG