18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 17:03

 

Tu es plus souple que le zèbre.

Tu sautes mieux que l’équateur.

Sous ton écorce les vertèbres

font un concert d’oiseaux moqueurs.

J’avertirai tous les poètes :

il ne faut pas toucher aux fruits ;

c’est là que dorment les comètes,

et l’océan s’y reconstruit.

Tu es léger comme un tropique.

Tu es plus sage qu’un poisson.

Dans chaque feuille une réplique

est réservée pour ma chanson.

Dès qu’on t’adresse la parole,

autour de toi s’élève un mur.

Tu bats des branches, tu t’envoles :

c’est toi qui puniras l’azur.

 

 

 

Alain Bosquet

Deuxième testament

Gallimard

SG