25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 07:19

 

Demande-lui s'il se souvient de l'été — non.

Tout son soir est pour les occupants du nid qu'effraient rafales de pluie,

chute de feuilles de l'automne

maintenant.

 

L'azédarach est la maison de nuit de l'ombre. Car l'ombre

est la maison. Une maison d'immigrants pour les tourterelles et autres

ailes d'été. Une maison d'immigrants pour les corps sauvages

et les bêtes sauvages qui montent à l'arbre. Et maintenant, personne.

 

Violence de la pluie d'automne à la fenêtre.

Son sort en est jeté. Chuté. Tombé.

Ne peut pas. De ses bras nus atteint la fenêtre.

La première pluie c'est sa mort.

 

La chute des feuilles ressemble à la migration des oiseaux.

En hiver tombent, en été reviennent. Mais les oiseaux dehors

et les feuilles dedans. Et dans ce cas précis, les feuilles peuvent ne plus revenir.

Sache-le.

 

 

 

Avot Yeshurun

La faille syro-africaine

Traduit de l'hébreu par Bee Formentelli

Actes Sud, 2006 

SG