30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 14:00

 

Les arbres,

le ciel,

le vent :

il n'y a que cela.

Le ciel où lentement les couleurs voyagent,

les arbres qui ont l'air de bavarder entre eux

et la brise invisible hantant les feuillages.

Rien d'humain.

Il arrive qu'un oiseau

passe,

petite ombre qui sort d'un arbre

et plonge dans un autre.

Dans quel monde suis-je donc ?

On n'entend rien.

Un monde vert sous un monde bleuâtre,

et qui s'envoient des messages.

J'écoute, j'écoute !

Il ne se passe rien.

Les arbres se parlent sans voix

et le ciel a changé de couleur.

Où suis-je donc ?

Les messages d'oiseaux se multiplient,

le ciel s'éclaire,

les arbres se penchent l'un vers l'autre :

ils se parlent,

ils se parlent vraiment !...

Quelque chose se passe au monde vert.

Écoutez !...

C'est la vie profonde qui s'épanche

Écoutez !...

Mais deux oiseaux s'appellent,

d'une cime à l'autre,

doucement,

obstinément,

et l'on n'entend plus qu'eux.

 

 

 

 

Constant Burniaux

Poésie

1922-1963

Le Cherche-Midi

 

 

 

 

 

Dom Robert

Les oiseaux rares

Tapisserie, 1955

Atelier Goubely

 

SG