13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 17:00

 

Tu m'avais promis de m'envoyer des violettes. L'as-tu oublié ?

    Des blanches et des bleues, de dessous la haie du verger.

    Des pourpre sombre, odorantes, mêlées de blanches,

En gage de notre amour naissant, tout juste éclos.

 

Ici, nous avons un amandier comme tu n'en as jamais vu

    Dans le nord  il fleurit sur la rue et, chaque jour,

    En arrêt près de la clôture, je lève les yeux vers ses sereines

Efflorescences dans l'azur, et je m'interroge sur leur message.

 

Sous l'amandier reposent les terres bienheureuses,

    De Provence, du Japon et d'Italie.

    Et les pas des promeneurs sont battement et papotage

De ces jeunes paysannes jouant alentour, battant des mains.

 

Et tu viens en premier, mon amour, en robe fleurie,

    Toi et ton insoutenable tendresse, ce rire effarouché

    Dans tes yeux désormais écarquillés sur l'après,

Toi, bras ballants, à l'abandon.

 

 

 

 

David Herbert Lawrence

Poèmes

Traduction de Sylvain Floc'h

l'Age d'Homme, 2007

SG