12 mai 2019 7 12 /05 /mai /2019 07:30

 

Les arbres sont en feuilles comme
Une chose presque déjà dite ;
Les bourgeons récents s’ouvrent, s’évasent,
Ils sont verts comme le chagrin.

 

Est-ce de naître, puis de renaître,
Au lieu de vieillir ? Non, ils meurent.
Leur tour annuel de jouer aux neufs
Est gravé dans le grain du bois.

 

Elles ne s’arrêtent, ces forteresses
De s’épaissir, à chaque mai.
L’année est morte, semblent-elles dire,
Il faut renaître, renaître, renaître.

 

 

 

Philip Larkin

Traduction par Pierre Vinclair

 

 

 

 

 

The trees 

 

 

The trees are coming into leaf

Like something almost being said ;

The recent buds relax and spread,

Their greenness is a kind of grief.

 

Is it that they are born again

And we grow old ? No, they die too.

Their yearly trick of looking new

Is written down in rings of grain.

 

Yet still the unresting castles thresh

In fullgrown thickness every May.

Last year is dead, they seem to say,

Begin afresh, afresh, afresh.

 

 

 

Philip Larkin

SG