26 mai 2019 7 26 /05 /mai /2019 19:00

 

Mes guerriers tatoués d'hier

Où brûlaient des sarments

Leurs mélopées chantaient le monde informe

Chantaient le feu.

Quant à moi seul dans ma nuit

Je me couche en cercle autour de mon arbre

À sa lumière je me chauffe

Et je chante.

 

Un homme ni bon vraiment

Doux et diable ni méchant

Il a des mains comme on dit oui

Mots ouverts sur les mots amis.

 

Je chante un arbre droit qui brûle

De la cime aux racines un couloir est inscrit

Nourri de ses défaites et de ses pères

Morts et des chevaux morts sur la plaine

Il se hisse de l'ombre

Il se nourrit de ses fientes

Ses morts successives l'engendrent.

 

Sa fumée tient les mouches urticaires à l'écart de mes mains

Moi j'éloigne les rongeurs sournois

Moi je veille.

 

 

 

Jean-Pierre Charles

Poèmes qu'on jette aux vents

L'Ormaie, 1999

SG