23 avril 2019 2 23 /04 /avril /2019 12:00

 

Plaine hongroise  son souci, un mont ;  
son église, un pieu ;  
son sol, un lait caillé profond,  
où tanguent des grès anguleux.  
 
Le Hongrois sa guenille, un drapeau ;  
son repas, le ravier :  
nous, nation cueilleuse de mauvaises herbes,  
la mort nous vient pieds nus et toute ravaudée ! 
 
Allons, poète ! Ta lune est morte ;  
ton ombilic est une corde ;  
tu claques des doigts, la ville est incendiée,  
ta plume sans toucher d’allumette, se met à fumer.  
 
Ô vous qui avez les nues pour ramée,  
Petits sureaux déguenillés  
sur la grand’route voyez filer  
l’exil muet des peupliers !

 

 

 

Attila József

Ni père ni mère

Traduit par Guillaume Métayer

Édition Sillage, 2010

SG