25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 07:40

 

Il a dit, Adern du chêne géant :

« Je resterai longtemps sur ma branche,

Ferme dans ma solide cupule ! »

... Si Dieu veut, Adern, si Dieu veut...

 

Si le vent d'automne n'avait point soufflé,

Adern serait encore sur sa branche.

Si la pente n'était pas si forte

Il n'aurait pas roulé jusqu'à la rivière.

Si la rivière n'était pas en crue,

Il se serait arrêté sur la berge...

Et maintenant, qu'en reste-t-il ?

 

Il a dit, Aboujdar du pin géant :

« Je serai longtemps sur ma branche

Lourd de mes graines sous leurs écailles ! »

... Si Dieu veut, Aboujdar, si Dieu veut...

 

Si le vent d'hiver n'avait point soufflé,

Aboujdar serait encore sur sa branche.

Si les bergers n'étaient passés par là,

Il n'aurait pas été jeté dans le feu...

Et maintenant, qu'en reste-t-il ?

 

Notre commune mesure, c'est le néant.

La fin peut être différente,

Plus ou moins proche ou éloignée,

Mais c'est la fin tout de même

Quand vient l'heure choisie par Dieu...

« Koul ma isker Rbbi, ghir Ikheir³. »

 

 

¹ Adern = gland de chêne vert.

² Aboujdar : strobile du pin d'Alep.

³ « Tout ce que fait Dieu, rien que le Bien. »

Expression qui contient toute la résignation suprême.

 

 

 

Mririda N'Aït Attik

Les chants de la Tassaout

Traduits du dialecte Tachelhaït

par René Euloge

Maroc Éditions, 1972

SG