2 janvier 2019 3 02 /01 /janvier /2019 10:00

 

Je l'ai regardé, et j'ai vu derrière lui la montagne

Et les pointes des cimes sur le ciel.

Tout étonné il se mit en route.

Comme les chats aux yeux verts, vagabonds, élancés

Ainsi il s'en fut à travers le champ morne,

J'ai éclaté d'un rire repentant.

 

Mais les senteurs de l'automne pleuraient amèrement

Dans la fuite dorée du vent,

Et les vieux arbres affligés

L'ont suivi au loin du regard, et calmement

Ils ont dit en se penchant vers leurs petits buissons :

Déshabillez-vous, l'hiver arrive.

 

 

 

 

Agota Kristof

Clous

Traduit du hongrois par Maria Maïlat

Éditions Zoé, 2016

 

 

 

 

 

 

Valaki elmegy...

 

Ránéztem, s láttam mögötte a hegyet

És tetők szögeit as égen.

Csodálkozva elindult.

Mint zöld szemű, nyurga, kóbor macskák

Úgy surrant a fakuló réten,

Bűnbánóan nevettem.

 

De őszi illatok keserűen sírtak

Az aranyló futású szélben,

És bánatos öreg fák

Messzi utána néztek, s csöndesen

Leszóltak apró bokraikhoz :

Vetkőződjetek, tél jön.

 

 

Agota Kristof

SG