25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 05:40

 

 

 

Poème autographe enluminé par René Char

Poèmes en archipel, Gallimard, 2007

 

 

L’ouragan dégarnit les bois.
J’endors, moi, la foudre aux yeux tendres.
Laissez le grand vent où je tremble
S’unir à la terre où je crois.

 

Son souffle affile ma vigie.
Qu’il est trouble le creux du leurre
De la source aux couches salies !

 

Une clé sera ma demeure,
Feinte d’un feu que le cœur certifie ;
Et l’air qui la tint dans ses serres.

 

 

 

 

René Char

Le Nu perdu

Gallimard, 1996

 

SG