9 septembre 2018 7 09 /09 /septembre /2018 07:10

 

Cette étrange forêt, ses ombres, ses mystères

Pourquoi les craindrais-tu, mon frère voyageur ?

Tu connais les parfums du sol et la rumeur

Du vent qui vient parfois des marais solitaires ;

 

Tu comprends le regard des bêtes à l'affût

Parmi le craquement des mourantes verdures,

Les coups de feu bruyants, les clameurs, les murmures,

Les derniers sons du cor, le retour, ce qu'il fut...

 

Ce qu'il fut au château pour la brillante escorte

Quand, avec ses cheveux si beaux, ses yeux si doux,

On découvrit dans le salon du Rendez-vous,

Au pied de son miroir, la jeune fille morte.

 

Pourquoi dans les taillis ne point perdre tes pas

Malgré l'heure tardive, ô voyageur mon frère ?

Cette étrange forêt, ses ombres, son mystère,

Cachent des souvenirs qui ne tarissent pas...

 

 

 

 

Claude Fourcade

Les plus beaux poèmes du voyage

Le Cherche Midi Éditeur, 1988

SG