12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 07:10

 

Il a l'air de faire sombre
dans ce coin de forêt

À peine une lueur
entre les troncs impatients
semble nous y inviter

Il n'y a pas de nature
pas de vert, pas d'oiseaux
juste une peur terrible

Qui grouille, qui s'infiltre
qui dresse ses frontières
et veut nous y inclure

On n'irait pas, normalement
on s'enfuirait à toutes jambes

On courrait assez vite
pour que nos larmes sèchent

Mais là, non.
Là, on reste.

On avance.
On s'engouffre.

Pour terrasser les cris
pour faire sortir les bêtes
pour faire sonner le chant

Comme une déflagration
qui érige un lieu
de nouveaux ralliements

Une clairière
Une simple clairière.

 

 

 

 

 

 

Stéphane Bataillon

Où nos ombres s'épousent

Vivre l'absence

Éditions Bruno Doucey, 2016

SG