26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 10:16

 

nous partions en forêt avec nos sacs et notre vie
ouverte sur des horizons indistincts et souvent
le feuillage des arbres les prairies giflées de vent
semblaient sourire aux inventions de notre rêverie


j'ai passé des journées entières regardant au loin
les nuages passer et frôler la tête des arbres
ma tête aussi partait avec ces nuées et la barbe
du temps tombait en poudre ou volait en fumée de foin

 

enfoncé dans un grand fouillis de ronces desséchées

j'ai goûté le soleil de février déjà bien chaud

et tout autour rien ne semblait approuver la pensée

 

de s'enfoncer dans un roncier pour s'échapper là-haut

sur la colline avec le ciel et l'astre pour spectacle

je m'élançais du roncier vers un rêve sans obstacle

 

 

 

William Cliff

Autobiographie

Éditions de La Différence, 1993

SG