9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 20:29

 

Quelqu'un marche.

 

La nuit lisse ses plumes.

Sous le sorbier des oiseleurs,

l'herbe se couche.

 

Quelqu'un marche.

 

Par les sentiers d'aiguilles,

le sol fuit.

Le vertige des pins

gagne les étourneaux

et les chenilles processionnaires.

 

Quelqu'un marche.

 

L'écorce tinte.

Les lucioles se rassemblent.

 

Quelqu'un marche.

 

La lune écarte les branches.

À la frontière,

le vent attend

avec les chiens assis

et les palombes.

 

 

 

 

 

Janine Graveline

Racines du sable

Le Pont de l'Épée, 1977

SG