17 février 2018 6 17 /02 /février /2018 15:54

 

Ici dans le Montana se dresse un arbre solitaire
près de la clôture, un peu comme un arbre
dans les Sandhills du Nebraska, à des
kilomètres d'ici. Quand je traverse cette pâture stérile
semée de cailloux et de trous d'écureuils,
de blaireaux, de coyottes et de serpents à sonnette
(un millier tués en une décennie
car ils cohabitent mal avec les chiens et
les enfants) en une heure de marche avant d'atteindre
cet arbre, je le trouve oppressant. Sans doute
aussi vieux que moi, il résiste à son isolement,
tout noueux et tordu à cause de ses batailles
avec le temps. Je m'assois contre lui et me fonds en lui.
De retour chez moi dans le crépuscule froid et venteux,
il me semble être parti des années.

 

 

 

Jim Harrison

Une heure de jour en moins

Flammarion, 2012

SG