28 décembre 2017 4 28 /12 /décembre /2017 09:08

 

15 novembre au soir, on m'installe à La Roche.

On sort dîner. Quelqu'un demandant qui je suis,

je dis que je viens voir cette ville, qu'elle est

le sujet des poèmes que je veux écrire.

 

Alors, cette personne : Mais qu'espérez-vous

voir ici ? Il n'y a rien à voir à La Roche.

Tôt, le lendemain matin, à peine quittée

la Maison Gueffier pour flâner, je tombe sur

 

le séquoia.

                  Il fait peut-être six étages

de haut, juste au-delà des petites maisons

longeant la place du Théâtre, côté ouest,

dans une cour, devant des boxes pour voitures.

 

 

                                 *

 

 

Aussitôt, j'ai voulu savoir. Venu comment

et quand ? Planté par qui ? Pourquoi là ? Les nombreuses

personnes que je questionnais me disaient toutes :

Un séquoia ? Où ça ? Puis chacun s'efforçait

 

de m'aider, m'indiquant un voisin, un ouvrage,

un Service possiblement expert, un lieu

d'archives à consulter, une autorité

compétente. Bernique !

                                      J'avais assez vite

 

vu le second séquoia, dans un très ancien

jardin qu'un mur bordant la rue Genuer dérobe

aux yeux du passant, un peu avant la rue Hoche.

Je n'en ai pas découvert d'autre, mais qui sait ?

 

 

                                  *

 

 

Un mois d'automne, j'ai marché dans cette ville,

un mois de printemps aussi parmi les parfums

des fleurs. Il y avait encore plus à voir

que je n'ai pu. j'ai parlé à bien des personnes

 

de rencontre, accueilli toujours courtoisement.

Je demandais souvent qu'on m'explique une chose

qui m'intriguait. On m'en a beaucoup expliquées.

Sauf à propos des séquoias, les deux géants

 

magnifiques.

                     Si quelqu'un connaît leur histoire

assurément, quelqu'un la sait , et même si

ce n'est pas en alexandrins, je voudrais bien

                          qu'il me la dise.

 

 

 

 

 

Philippe Longchamp

La ville du jardin des latitudes

Le dé bleu, 2004

SG