15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 17:58

 

En son milieu pousse l'arbre d'où jaillissent les failles.

Ses racines, branches, feuilles, une aiguille

qui tourne rond chaque année. À travers des taudis esseulés

il trime, chambre de l'esprit et palais.

 

Ici une femme ôta sa peau comme une tunique...

Et ce soulier négligé rendit son maître bancal.

Deux voix, maintenant d'outre-monde, chuchotent

à l'étage qui n'existe plus. Leur acte

 

de chair un tapis volant, tissé par-dessus ma tête.

Le vent de leur sommeil fit germer des graines éparses

sous le plancher, éclore des bourgeons du battement de leur cœur...

 

Connaissance, le Paradis, les gestes de l'amour,

s'effondrent tandis que l'Arbre tire vers le sol

à mesure qu'il croît. Qui gicle, gémit en son dommage.

 

 

 

 

 

Charl-Pierre Naudé

Traduction de l'afrikaans par Georges- Mary Lory

Poèmes d'Afrique du Sud

Anthologie par Denis Hirson

Actes Sud, 2001

SG