13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 15:39

 

L'arbre amoureux d'une servante
Chantait au passant ce refrain

 

Lierres calmez l'épouvante
De celle que voilà

 

Mes bras d'écorce mes bras d'oiseaux

Étreignez l'air qu'elle respire

 

Ses deux jambes sont des ciseaux
Le vent s'y coupe

 

Dans la cuisine un navire
Entre le soir

 

Et c'est le soleil qui chavire
Sur sa peau

 

Les mains rouges les mains saignantes
Les mains de qui

 

Mains du soleil mains fainéantes
S'envoleront

 

Une force pousse vers l'eau
Les arbres

 

Elle a cueilli le mélilot
Jusqu'à mon ombre

 

 

 

 

 

Aragon

Le Mouvement perpétuel

précédé de Feu de joie

Gallimard, 1970

SG