15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 13:17

 

Comme le vent en majorité
Apparaît où il y a des arbres,

 

En sa plus grande part, le monde s’organise
Vers où nous sommes.

 

Souvent où le vent a rassemblé
Les arbres, les uns avec les autres,

 

Un arbre en prend
Un autre pour le tenir dans ses bras.

 

Leurs branches, qui se broient
Les unes les autres frénétiquement, —

 

Cela ne fait pas un vrai feu.
Elles se cassent les unes les autres.

 

Je pense souvent que je dois être
L’arbre solitaire, n’allant nulle part,

 

Parce que mon bras ne saurait ni ne voudrait
En casser un autre. Reste que, — par mes os brisés

 

J’annonce la météo nouvelle.

 

 

 

 

Paul Muldoon

New Weather,

Faber & Faber, 1973

Traduction par Pierre Vinclair

 

 

 

 

 

 

 

Wind and Tree

 

 

In the way that most of the wind
Happens where there are trees,

 

Most of the world is centred
About ourselves.

Often where the wind has gathered
The trees together,

One tree will take
Another in her arms and hold.

Their branches that are grinding
Madly together,

It is no real fire.
They are breaking each other.

Often I think I should be like
The single tree, going nowhere,

Since my own arm could not and would not
Break the other. Yet by my broken bones

I tell new weather.

 

 

Paul Muldoon

SG