8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 20:29

 

 

                                                  À Grace Hart Crane

 

 

De verts bruissements, plus-que-royales, des charités

Cascadent sans hâte de la tour murmurant sa clarté.

Dans le flux de midi où flambent les aspérités,

J'ai vu le plus gracieux anachorète du soleil grimper

 

Haut comme à force de communier, an après an se soustraire

À la terre mangeuse ou à ce qu'oncques porte la terre,

Et ce tronc gris, éléphantesque, relever

Ses limbes qui soupirent en replis éthérés.

 

À jamais infertile, par-delà ce surplus

De sueur que la jungle presse d'un amour brûlant,

Avec ses vrilles, jusqu'à sceller notre souffle d'agonisant —

Il paît les horizons, fusant par-dessus

 

La mortalité  — ascension d'émeraudes éclairée —

Fontaine à son salut, couronne en vue devant —

Désentravé, gracieux en sa hauteur azurée,

Comme s'il s'envolait au paradis d'un même élan.

 

 

 

 

Hart Crane

L'Œuvre poétique

Traduit de l'américain par Hoa Hôï Vuong

Arfuyen, 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

Royal Palm

 

 

                                                 For Grace Hart Crane

 

 

Green rustlings, more-than-regal charities
Drift coolly from that tower of whispered light.
Amid the noontide’s blazed asperities
I watched the sun’s most gracious anchorite

Climb up as by communings, year on year
Uneaten of the earth or aught earth holds,
And the gray trunk, that’s elephantine, rear
Its frondings sighing in aetherial folds.

Forever fruitless, and beyond that yield
Of sweat the jungle presses with hot love
And tendril till our deathward breath is sealed

It grazes the horizons, launched above

Mortality
ascending emerald-bright,
A fountain at salute, a crown in view

Unshackled, casual of its azured height,
As though it soared suchwise through heaven too.

 

 

Hart Crane

SG