29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 08:03

 

Voici la main, le vent, la langue sans raison.

Qu'inscrit-elle sur l'arbre ? Un nom d'arbre,

la raison de l'éphémère, la mort de ce nom.

Seul le cheval préserve son nom sur l'arbre.

 

Arbre, cheval errant, que disent-ils ?

Ils lacèrent l'écorce, la peau, avec un chiffre

ou un nom. Les noms ne se perdent pas.

 

Arbre, raison incessante, cheval, raison errante,

symbiose d'amour et de fureur obscure et statique,

ma main s'attarde sur l'arbre et le cheval.

 

Un vent épelle déjà les paroles de l'arbre

et le cheval avance inscrit dans le poème.

Tout advient sans raison par une raison différente.

 

 

 

 

 

António Ramos Rosa

Le cycle du cheval

suivi de Accords

Traduit du portugais par Michel Chandeigne

Gallimard, 1998

SG