22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 07:31

 

                                              À Jean François

 

 

Un arbre du jardin me fait faire le beau ;

Grave, il se déshabille et donne sa vêture

Aux oiseaux. Sur mon cou, trésors de la nature,

J'en prive les oiseaux, je vous porte, fardeau

 

D'ingénieux chasseur. L'arbre est un grand oiseau.

D'un appareil de rame en ses mains costumé,

Je me tiens aussi mal qu'un arbre ou qu'un almée.

Et cette fausse vie comme des fleurs dans l'eau,

 

De l'arbre je la tiens : l'arbre m'a tout donné.

Tout le monde peut voir cet arbre changer d'âge,

Dans ses touffes cacher des pots de maquillage,

Des bandelettes de son ombre enrubanné.

 

D'épingles tapissé, ainsi souffre le houx :

Son costume le perce et de même vous pique

Les mains. Quelle étrange fleur de houx, fleur de pique

Suis-je, à l'arbre épinglé par l'œil de son genou ?

 

 

 

 

Olivier Larronde

Œuvres poétiques complètes

Le Promeneur, 2002

SG