30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 18:51

 

L'espace dans lequel s'engouffrent les oiseaux

n'est pas cet autre, intime, où s'accroît ta stature.

(À l'air libre là-bas, tu t'éludes toi-même

et tu te perds au loin sans jamais revenir.)

 

L’espace, hors de nous, gagne et traduit les choses :

si tu veux réussir l’existence d’un arbre,

investis-le d’espace interne, cet espace

qui a son être en toi. Cerne-le de contraintes.

Il est sans borne, et ne devient vraiment un arbre

que s’il s’ordonne au sein de ton renoncement.

 

 

 

 

Rainer Maria Rilke

Poème de juin 1924

Traduit par Claude Vigée

Les Lettres, 4e année, n° 14/15/16

SG