13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 14:57

 

L'arbre occupant de plein droit, grand et large, tous

   bras ouverts, tout envergure et déploiement

—  Rien de crispé en lui, de virtuel, nul refoulement

L'arbre de connivence avec l'air le ciel le vide

   et l'horizon

Sur place voué au cycle de croissance et de mort

    —  de résurrection

 

Comme des larmes une ou deux feuilles contre son gré

   le vent lui arrache

Petites mains plates dorées de parchemin parfaitement

   découpées dans la pluie fine

Comme à regret hésitant à descendre elles empruntent

    la voie des tourbillons

Lentes privées de poids

Obéissant aux lois touchent le sol et s'y couchent

 

Depuis la cime environné de chutes légères

L'arbre riche encore de frondaisons se débite au détail

   petit à petit

Ce n'est pas une agonie, une transaction continue

Entre l'arbre et la terre gourmande sous ses dehors

    tranquilles

 

Toute la végétation caduque de l'an déposée

Immense pâture, une litière à sa mesure

Par ses mille et mille bouches canaux pores fissures

   pénétrera

 

 

 

 

Louise Herlin

L'amour exact

La Différence, 1990

SG