10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 09:46

 

Toujours je fus ému par les arbres blessés

non les arbres d'automne

ils auront tout donné déjà dans les hauteurs

allégés ont levé leurs branches

et nus se sont dressés vers le ciel

en éternelle nudité

non les arbres soumis les arbres héroïques

la hache leur a tranché les veines la hache

la servante de l'homme pourtant si nécessaire

Arbres fendus par un éclair

par l'incendie victimes de la guerre

Ils sont ici encore ici confus

comme de vieilles femmes déshonorées par le barbare

noirs comme charbon

tout noirs

Ils sont debout et leur sanglot accuse

ils crient :

        Hommes nous n'avons rien voulu de vous

        nous vous donnions de l'ombre

        à votre fatigue

        à votre sueur

        nous donnions de l'ombre

 

 

 

 

Pavol Horov

Traduit par Serge Brindeau

Anthologie de la poésie tchèque et slovaque

par Jacques Gaucheron

Messidor, 1987

SG